Les maisons de disques, victimes du piratage des oeuvres musicales sur Internet risquent de disparaître si elles ne trouvent pas rapidement un nouveau modèle économique, privilégiant les produits dérivés et les concerts destinés aux véritables consommateurs réguliers de produits musicaux: “les fans”. Il s’agirait de mettre en place une véritable politique de “fan-marketing”. Il en va de la survie de la création musicale
Les maisons de disques risquent de devenir bientôt un victime collatérale de la démocratisation d’Internet et du piratage de masse si elles poursuivent leur politique de l’autruche. Les produits musicaux sont trop chers pour la plupart des consommateurs (et particulièrement pour les 15-25 ans). Ces derniers sont donc tentés de contourner ce prix en s’exerçant au “piratage” des oeuvres musicales. Le manque à gagner pour les maisons de disques les incite à augmenter leurs prix, participant ainsi à l’expansion du piratage…. et nuisant à la production de nouvelles oeuvres musicales.
Etat de la création musicale aujourd’hui
Il ya plusieurs phénomènes à prendre en compte:
- les internautes pirates sont majoritairement jeunes, puisque ce sont ceux qui maitrisent les nouvelles technologies et qui ont le budget culturel le plus serré.
- les chiffres du piratage ne sont pas représentatifs du manque à gagner pour les maisons de disques puisque les “pirates” n’auraient de toute façon jamais acheté tous les produits musicaux qu’ils ont téléchargé illégalement.
- Le pourcentage des recettes reversées effectivement aux artistes est extrêmement faible… Comment justifier alors la répression au nom de ces mêmes artistes alors que ce sont bel et bien les maisons de disques qui se taillent la part du lion….?
- La répression coupe les artistes de leur public et contribue à les décrédibiliser.
- Les véritables fans de groupes/chanteurs consomment beaucoup plus (légalement) que le grand public (Concerts, produits dérivés, disques)
- Le téléchargement légal est freiné par les verrous numériques de certaines plateformes (Apple…) qui empêchent d’utiliser pleinement les titres achetés
- Le téléchargement légal et illégal privilégie l’écoute titre par titre et non pas dans le contexte d’un album.
-Certains artistes auto-produits vendent leur dernier album sur leur site internet à un prix fixé par le consommateur. Alors que chacun pouvait le télécharger gratuitement si il le souhaitait, le prix moyen par album téléchargé s’est tout de même élevé à 8€ pour le dernier album de Radiohead! Et presque 100% des recettes reviennent à l’artiste… Un expérience qui a de quoi inquiéter les labels musicaux!
Solution proposée
Puisque ce sont les véritables fans qui consomment le plus les produits musicaux, c’est vers eux que les maisons de disques doivent se tourner. Ils participent activement (buzz…) à la renommée de tel ou tel artiste et sont des puristes de l’écoute musicale. Le budget qu’ils consacrent à “leur” artiste est nettement supérieur au budget moyen consacré par les consommateurs classiques pour ce dernier. Ils vont le voir en concert (plusieurs fois), achètent tous ses albums, des t-shirts, des DVD musicaux,des posters….
Les salles de concert pourraient être un lieu idéal pour vendre massivement ces produits. Il s’agirait de tirer parti du temps d’attente des spectateurs en leur proposant un endroit optimisé commercialement où ils pourraient trouver tous les produits liés à l’artistes qu’ils sont venus voir en concert. Pour mettre en application cette solution, les maisons de disques devraient se rendre propriétaire de salles de concert où se produiraient les artistes avec lesquels elles ont signé. Ainsi, on irait voir les artistes Sony BMG dans le Sony Center (comme à Berlin…), les artistes Universal dans la salle Universal…, les artistes EMI/Virgin dans la salle EMI/Virgin….
Chaque label devrait alors acquérir ou faire construire une salle dans toutes les grandes villes, et y faire produire tous les soirs des chanteurs ou des groupes. Le prix des places devrait évidemment être raisonnable pour attirer les plus jeunes…
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